Mon histoire

Moi, c’est Michael, je suis né le 7 mars 1974 et j’ai grandi à Semsales avec mes parents, Danielle et Albin. J’ai perdu mon frère Hervé lorsqu’il avait seulement 5 jours. Un an après, ma sœur Angélique est arrivée, j’avais à ce moment la 3 ans.  Le décès de mon petit frère a beaucoup impacté ma famille mais malgré tout j’ai eu une enfance heureuse, je sortais avec les copains, j’adorais faire le clown et amuser la galerie. J’aimais le foot, j’aimais aller à l’école pour voir mes potes. C’était mon échappatoire. 

Avec mon gros caractère, j’étais un jeune très indépendant et imprévisible. 

Mes parents me laissaient beaucoup de liberté tout en ayant toujours un œil sur moi pour me protéger. 

 

Mon bonheur et ma joie de vivre ont pris fin à mes 22 ans lorsque j’ai perdu mon repère, j’ai perdu mon meilleur ami Christophe à la suite d’un accident de moto. 

À ce moment de ma vie j’ai eu la sensation qu’on m’arrachait le cœur, qu’on avait comme pris mon âme. 

C’est depuis là que j’ai perdu le contrôle de ma vie… que j’y ai perdu goût.

 

Et c’est à l’âge de 25 ans que j’ai été diagnostiqué bipolaire. 

Ça y est le diagnostic était posé. Mon identité n’était plus qu’une maladie : Michael le bipolaire. 

 

Durant toutes ces années je me suis battu pour trouver un équilibre, pour trouver ma place.

Malgré un chemin semé d’embûches, de cascades et de torrents, je peux enfin le dire, aujourd’hui, j’y suis arrivé et j’ai trouvé un but, je sais ce que je veux faire et ce que je vaux car comme le dit le dicton, après la pluie vient le beau temps. 

 

Je veux apporter de l’aide et de l’amour, de la reconnaissance et une valorisation aux gens comme moi, les boiteux de la vie.

 

J’ai eu de la chance d’avoir autour de moi des personnes qui ont été ma lanterne pour me montrer le chemin vers la lumière sur terre. 

Malgré les nombreuses visites en hôpital psychiatrique, les nombreuses crises où tout me semblait noir, les moments de dépressions profondes, les joies beaucoup trop grandes, démesuréees, où le retour à la réalité n’était pas toujours facile …. Grace à eux j’ai pu m’en sortir encore plus fort, grâce à l’amour, mais aussi je peux le dire, grâce à moi. 

La bipolarité a toujours été une sorte de honte pour moi mais dorénavant j’ai décidé d’en faire ma force car c’est grâce à tout ce que j’ai surmonté que l’envie de donner et d’aider m’est venue. Sans cette maladie je ne serais pas celui que je suis aujourd’hui. 

 

Le travail standard où le rythme de vie est stressant ne m’a jamais convenu, j’ai travaillé quelques années en alpage, cela m’a convenu un certain temps mais m’a surtout également permis de savoir ce que je voulais et ce que je ne voulais plus.

 

Je peux le dire, j’ai trouvé ma voix, c’est à mon tour d’aider par le biais de mon association ; au cœur du berger. 

 

 

Voilà c’est moi 

Michael 50 ans 

Bipolaire oui

Mais pas que …